Une plume, des mots

Une plume, des mots... Des coups de coeurs et des rêves. Le tout en poèmes, parfois construits, parfois simple rivière de mots s'enchainant en chantant... Et des photos, des couleurs ramenées de mes promenades, et tout ce qui passe devant mon objectif

29 octobre 2016

Lignes de fuite

Solitude...
La rivière en contrebas
Murmure,
Étoilant le silence virginal
De petits éclat de cristal...
Je m'enfuis sur les rails rouillés
Du temps qui passe.

Barrière métallique

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17 janvier 2016

Le rêveur

On l'aperçoit souvent là-haut sur la falaise,
Les jambes dans le vide et le regard ailleurs,
L'océan à ses pieds qui de son chant l'apaise,
Et l'épiant dans les airs un goéland railleur.

Il reste là assis et tout le jour observe,
La brume qui s'élève au petit matin frais,
Les vagues doucement qui s'échouent de conserve
Et s'en viennent mourir sur la roche de grès...

Il est l'oiseau, il est la vague, il est l'écume,
Il arpente les airs, serpente sous les mers,
Il est l'astre solaire au levant qui s'allume
Et il est le voilier qui contourne l'amer.

Le vent dans ses cheveux vient lui chanter mystères
Et vieux contes marins : histoires de vaisseaux
Qui viennent s'échouer aux embruns délétères
Montant sournoisement de gouffres abyssaux,

Récits de flibustiers, de trésors dans les îles,
Arrachés dans le sang et les coups de canon
A quelqu'autres forbans ou monstres indociles...
Celui qui rêve là, nul ne connaît son nom ;

Il est l'oiseau, il est la vague, il est l'écume,
Il erre du regard par-delà l'horizon,
Il est l'île lointaine et son volcan qui fume
Et il est le ruisseau sifflotant les saisons.

Le goéland parfois descend sur son épaule,
Lui caresse la joue et murmure tout bas
On ne sait quelle fable, un jour triste, un jour drôle,
Alors que l'océan s'agite en contrebas,

Et c'est les yeux fermés que le vieil homme écoute,
Son sourire ridé dirigé vers les cieux,
Le récit d'un marin qu'une sirène envoûte,
Le vol de l'albatros au plané silencieux...

Il est l'oiseau, il est la vague, il est l'écume,
Il glisse entre deux eaux et le jour et la nuit,
Il est la lune froide et son pâle costume,
Il est l'étoile au loin qui brille sans un bruit.

On le voit quelques fois musardant sur le sable
De son pas nonchalant par le reflux léché,
Associant aux embruns des bouquets impalpables
Qui viennent du lointain, là où l'on met sécher

Le jasmin et le thé ou la fraîche vanille.
Il se laisse narrer ces parfums inconnus,
Imagine un marché aux accents de Manille
Ou de quelque autre lieu un peu plus méconnu...

On moque bien souvent sa folle silhouette
Qui ploie au gré du vent ainsi qu'un vieux roseau,
Mais je pense surtout qu'il n'est rien que poète,
Qu'il est la vague, aussi l'écume, et puis l'oiseau...

10/2015 © JFP

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10 janvier 2016

La forteresse

A l'abri derrière mes murs
Je braverai vents et marées,
Pendant bien un millier d'années
Je serai là soyez-en sûrs !

Remparts (1)

Remparts (2)

Remparts (3)

Remparts (4)

Photos prises sur l'île de Ré. Dans mon souvenir, on doit être sur le fort de La Prée.

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13 juillet 2010

Quand tu sèmes le printemps

Je me suis rassasié des couleurs printanières
Que tes yeux malicieux reflétaient pour mes yeux
Quand nous avons croisé sortant de sa tanière
Ce canard apeuré qui nous fixait, curieux

J'ai sur mes joues laissé s'écouler une brise
Que le vent m'apportait chargée de ton parfum
Allumant le désir de poser une bise
Sur ta bouche sucrée dont ma bouche avait faim

La nature naissante offrait ses paysages
A nos pas égarés, quand ma main par hasard
Glissa tout doucement dans la tienne si sage
Accompagnant, timide, un tendre et doux regard

A tes côtés marchant, les pieds sur un nuage
La vie coulait ainsi que le fleuve longé
Sur les berges duquel nous cherchions quelqu'ombrage,
Un coin d'herbe et de calme où tout deux s'allonger

Je me suis rassasié de tes lèvres si tendres
Sous le printemps naissant de tes doigts caressant
Quand ton corps sur le sol m'invita à m'étendre
Me suggérant coquin mil plaisirs indécents

Le 10/05/2010 © JFP

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25 avril 2009

La complainte du mal aimé

J'ai vu le vent, j'ai vu la pluie, j'ai vu la neige
J'ai traversé bien des pays du sud au nord
Paris, Moscou, Oslo ou Gdansk et même Liège
Errant sans fin, marchant toujours, luttant encor...

Je le vois bien dans les regards que je fais peur
Lorsque j'approche et qu'une pièce je quémande
J'ai trimardé, j'ai musardé, j'ai fait trappeur
Dans le grand nord, et j'ai souffert mil réprimandes

Je voudrais juste avoir à moi un jour ou l'autre
Un coin de terre où je serai le bienvenue
Oh pas besoins d'un grand jardin à la Le Nôtre
Une cabane au fond d'un bois, pas d'avenue...

J'ai vu mourir à mes côtés bien des amis
Que j'ai suivis à petits pas au cimetière
J'ai échappé aux éruptions, aux tsunamis
Aux marais noirs et leurs vapeurs si délétères

Dans les yeux durs de cet enfant sans foi ni loi
J'ai deviné le désarroi et la détresse
Quand il m'a dit "rester en vie est un exploit"...
Mais je n'avais à lui donner nulle tendresse

Je voudrais juste avoir à moi un jour ou l'autre
Un coin de terre où je serai le bienvenue
Oh pas besoins d'un grand jardin à la Le Nôtre
Une cabane au fond d'un bois, pas d'avenue...

J'ai voyagé de loin en loin sur l'océan
J'ai fait le tour plus d'une fois de cette terre
Et je m'en viens quelques instants ici céans
M'éloigner de ce triste monde et ses mystères

J'ai savouré dans mes cheveux le vent rieur
J'ai profité d'un soleil d'or nu sur la plage
J'ai épuisé à longer le lac Supérieur
En travaillant, quelques années de mon jeune âge

J'ai vu mourir à mes côtés bien des amis
Que j'ai suivis à petits pas au cimetière
J'ai échappé aux éruptions, aux tsunamis
Aux marais noirs et leurs vapeurs si délétères

J'ai récolté sur les chemins mille merveilles
Aux éclats d'or au goût de miel aux parfums doux
Quand le soleil au matin clair là-bas s'éveille
Sous le portail démesuré d'un temple hindou

Et je les ai gardées au chaud près de mon coeur
Oubliant tout, le froid la mort, pour en construire
Mon Paradis où les oiseaux chantent en choeur
Dans la forêt qui doucement s'est mise à bruire...

Le 12/02/2009 © JFP

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11 septembre 2008

La dune

Quelques graines de sable empilées patiemment
Cherchent leur place au chaud d'une graine voisine
Et la dune grandit, se forme doucement
Les grains semblant soudés d'invisible résine

Les vagues sans arrêt la caresse d'écume
Et font jouer le sable au son de son ressac
Quelques perles iodées le fond de l'air parfument
Avant de s'éclater en un tout petit "clac"

Sous le vent qui se lève un ou deux grains s'envolent
S'en vont faire leur vie dans le creux d'un rocher
Qui gardait bien caché son coeur encore frivole
Le petit grain se plait et vient s'y accrocher

Pendant ce temps la dune est prise sous l'orage
Qui roule chaque grain en un puissant torrent
Ramenant peu à peu le sable sur la plage
Se laissant emporter quand le reflux le prend.

Le 11/09/2008 © JFP

Posté par Djoe l indien à 15:29 - - Commentaires [ 0] - Permalien [ #]
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